Enquête OSIAP : lancement de la phase de recueil des ordonnances suspectes
Les ordonnances suspectées de falsification identifiées par les pharmaciens d’officine constituent une source d’information importante en matière d’addictovigilance, en tant qu’indicateur d’un détournement médicamenteux. La surveillance de ces ordonnances fait l’objet d’une enquête annuelle nationale “Ordonnance suspecte indicateur d’abus possible” (OSIAP), pilotée par le centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance et d’addictovigilance (CEIP-A) de Toulouse et coordonnée par l’ANSM. Pendant tout le mois de mai 2026, les pharmaciens officinaux sont invités à contribuer à cette enquête.

Source d’information importante en addictovigilance depuis 2001, OSIAP est une enquête nationale annuelle effectuée auprès des pharmaciens d’officine, sur la base du volontariat et sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de l’une des enquêtes nationales de pharmacodépendance-addictovigilance organisée par l’ANSM et confiée à un CEIP-A rapporteur.
Pilotée par le CEIP-A de Toulouse, elle a pour objectif de détecter le détournement de nouveaux médicaments ou de nouvelles pratiques (dosage, forme galénique) et de surveiller l’usage détourné des médicaments en population générale. Elle permet également d’évaluer l’impact de la mise en place de mesures de contrôle ou de réduction des risques.
OSIAP fait l’objet d’un rapport annuel publié sur le site de l’ANSM, qui comprend l’analyse des remontées des pharmaciens et d’une plaquette qui résume les principaux résultats observés pour l’année. Les rapports d’enquête d’addictovigilance relatifs à un médicament intègrent, lorsque c’est pertinent, les données de l’enquête OSIAP.
L’identification des ordonnances “suspectes” repose sur la vigilance des pharmaciens : ordonnances volées, photocopiées, scannées ou fabriquées sur ordinateur, ordonnances modifiées (ajout de médicament, modification de posologie ou durée de traitement…), autres prescriptions manifestement anormales (prescriptions “de complaisance” ou inappropriées du point de vue du pharmacien).
Concrètement, le recueil des ordonnances suspectes est organisé sur deux périodes d’enquête de quatre semaines chacune, en mai et novembre chaque année. Il est toutefois possible de transmettre des ordonnances falsifiées tout au long de l’année.
En pratique
Depuis 2025, le recueil est dématérialisé et simplifié grâce à un formulaire en ligne. Les pharmaciens sont invités à enregistrer les ordonnances suspectes sur le portail OSIAP, en joignant une copie anonymisée de l’ordonnance suspecte et en précisant :
- Les caractéristiques du demandeur : sexe, âge (approximatif si inconnu)
- Le ou les noms des médicaments figurant sur l’ordonnance suspecte (avec posologie)
- La nature (ville, hôpital, téléconsultation) et le type d’ordonnance (simple, bizone, sécurisé)
- Les critères de suspicion :
- Concernant l’ordonnance dans son ensemble : vol, falsification, rédaction non conforme à la législation, calligraphie du prescripteur suspecte, incohérence de la prescription, ordonnance de complaisance
- Concernant le médicament : ajout de médicament, fautes d’orthographe, posologie anormale, modification de la posologie ou de la durée de traitement, chevauchement
- Concernant le contexte de la demande : refus de présentation de la carte vitale, etc.
- Les coordonnées du pharmacien déclarant
Le formulaire peut être complété en plusieurs fois.
Pendant tout le mois de mai 2026, les pharmaciens d’officine sont ainsi invités à contribuer au signalement des ordonnances suspectes de falsification via ce dispositif. Pour rappel, conformément à leurs missions déontologiques, les pharmaciens sont tenus de contribuer aux « actions de vigilance relatives aux produits de santé et à tout produit ou matériel utilisé à l’occasion d’un acte professionnel » (art. R. 4235-32 du code de la santé publique)
À noter : l’enquête OSIAP coordonnée par l’ANSM est différente du dispositif “Alerte sécurisée aux fausses ordonnances” (ASAFO-Pharma), développé par l’Assurance Maladie en 2024. ASAFO-Pharma permet aux pharmaciens de signaler, via amelipro, les ordonnances frauduleuses et de consulter la liste des signalements émis dans toute la France, dans un objectif de lutte contre les fraudes à l’Assurance Maladie.
